La Mercerie est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1988
L'inscription concerne la façade sud-ouest du château et tous les décors intérieurs conçus par les frères Réthoré.
Au rez-de-chaussée : la chambre de Béruges, le salon central, le salon du Vernet, le vestibule, la Galerie d'Acajou, la grande Galerie des Azujelos, la Galerie des Vernet, le bureau de Raymond Réthoré, le salon et la bibliothèque.
Au premier étage : les chambres de Raymond et d'Alphonse.Site constitué de :
La propriété de M. Bernard Steinitz
- pour une part, du château tel qu'il était lors du décès des deux frères :
un manoir du XIXe siècle (espace intérieur composé de 18 pièces dont 12 inscrites, soit environ 1000 m2) prolongé de bâtiments et de façades (colonnades et balustres pastiches du château de Versailles) construits au XXe siècle, sur 220 mètres de longueur en tout, 20 mètres de profondeur et 15 mètres de hauteur environ.
Les bâtiments sont érigés sur un promontoire faisant face à une très belle vue sur la campagne charentaise.
Au pied de l'édifice (ancien jardin à l'italienne) : une esplanade dégagée et aménagée d'allées de buis permettent de masquer les chemins réservés aux véhicules. Le terrain situé sur le devant du Château a été nettoyé depuis la tempête de 1999 et conserve de beaux spécimens de cèdres du Liban et de cyprès bordant la route départementale en contrebas.
- d'autre part, d'une cinquantaine d'hectares de bois dans lesquels nous pouvons retrouver les essences végétales rares rapportées par Raymond Réthoré lors de ses voyages, dans le but de créer un arboretum. L'essentiel des espaces boisés se trouvent au dos (Nord-Est) de l'édifice.
La propriété de la commune de Magnac-Lavalette-Villars
- Un terrain de 4 hectares à l'Ouest de la propriété de M. Steinitz, desservi par les routes départementales 81 et 34 et acquis dans les années 80 par la municipalité.
- La Grange, ancienne ferme en très mauvais état général, est située au pied sud-ouest du Château, son terrain est longé par la route départementale 81 qui dessert Angoulême et Magnac. Acquise en 1999, elle est constituée de deux corps de bâtiment distincts et est en cours de réfection. La fin des travaux est prévue pour 2003.
La commune pourrait s'engager à intégrer les deux acquisitions au projet culturel du site.
Le Projet
Le site est connu de la population charentaise comme un lieu de prestige. Quelques-uns des visiteurs de La Mercerie sont fameux et célèbres (Malraux et Arrabal).
Pour les autochtones il est bien plus que le souvenir magnifique d'une époque de fastes.
Nombreux sont encore les natifs de la région qui viennent se recueillir sur les tombes de Raymond et d'Alphonse Réthoré au cœur même de l'édifice : deux plaques commémoratives indiquent la présence discrète des deux hommes sur deux piliers à l'extrémité est de la façade. Le château reste le symbole d'un patrimoine affectif indéniable et l'héritage d'un passé politique qui a su laisser ses marques sur un site naturel remarquable.
La promenade n'est pas seulement dominicale, elle reflète l'engouement, le plaisir avoué et reconnu de ceux qui, un jour, rencontrent fortuitement le rêve fou des frères Réthoré.
Au même titre que l'on construisait ces Folies aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'extravagance mégalomaniaque vouée au plaisir et à la culture de notre passé, ne se doit-t-elle pas d'y revenir en plein partage et s'engager à l'accessibilité de tous à l'aventure de notre temps ?
Il est passionnant de mobiliser les énergies pour sauver d'un triste sort cette Folie, héritage patrimonial précieux, afin qu'il devienne un moyen évident et innovant du développement du territoire.
Des soutiens et des efforts se sont manifestés :
M. Bernard Steinitz a fait restaurer la toiture de la Grande Galerie des Azulejos et a engagé l'été dernier des travaux de nettoyage du Parc qui sont effectués par deux personnes sous contrat.
Depuis son achat en 1988 le bâtiment n'avait bénéficié d'aucun entretien significatif.
M. Didier Jobit, maire de Magnac-Lavalette-Villars œuvre à la réhabilitation de La Mercerie. Il reste intimement convaincu, comme la majorité des habitants de la commune, que l'édifice fait partie de de leur Histoire, et sont tous enthousiastes pour sa sauvegarde. Ils ont déjà lancé nombre d'appels au secours, par voie de presse, aux élus de la région et aux instances culturelles concernées.
D'autre part, M. Jean-Claude Viollet, député de la Charente s'est lui-aussi investit personnellement dans la sauvegarde du site en rencontrant à plusieurs reprises M. Steinitz. Il lui propose la création d'un Centre d'art contemporain, dans le prolongement des utopies qui ont fait naître le projet de Raymond Réthoré. Expositions, résidences d'artistes, activités de spectacles, rencontres littéraires et installations d'œuvres d'artistes internationaux dans le parc sont autant d'actions d'un projet qui ne peut que séduire le propriétaire amateur d'art pour faire revivre La Mercerie et l'ouvrir au public.
Un projet culturel d'envergure peut raisonnablement être envisagé pour le site de La Mercerie.
Les mille et unes folies des deux frères Réthoré ne sauraient s'éteindre définitivement à l'aube du XXIe siècle. Le décor invraisemblable imaginé par ces esthètes originaux et généreux ne peut qu'accueillir un projet à la hauteur de leurs espérances. Puisque le temps a posé là les traits d'une création délirante, l'histoire inusable autorise la lecture d'une passion ravivée.
Lieu de culture pour un partage de la culture, le projet de La Mercerie semble destiné à un avenir prometteur dans une région encore dépourvue de Centre d'art contemporain labelisé comme tel par le Ministère de la Culture. L'Association des Directeurs de Centres d'Art (DCA) décompte à ce jour une trentaine de ces lieux dédiés à la création contemporaine sur la France entière, répartis dans toutes les régions et localisés aussi bien en milieu urbain que rural. Les Centres d'art contemporains les plus proches se situent à Tours (CCC), dans le Limousin (Vassivières et Meymac) et à Bordeaux (CAPC) non conventionné.
La région Poitou-Charentes compte cependant un lieu d'importance, le Château d'Oiron, situé dans le nord des Deux-sèvres. Propriété de l'État, il est un modèle du genre de notoriété internationale pour sa connivence totale entre patrimoine historique et art contemporain.
Un statut juridique à étudier
Un Centre d'art contemporain géré par un système associatif peut apporter une grande liberté d'action de nature à mobiliser de nombreuses énergies locales. La fédération des amateurs du site autour du projet serait une réponse de juste continuité au souvenir des Frères Réthoré. Leur goût pour l'Art, l'Architecture et le Paysage peut être le fil conducteur du projet culturel, pour une pérennisation de leur œuvre.
Mise en valeur du patrimoine et renaissance du château : les maîtres mots à penser
L'ouverture au public doit être le générateur de la réhabilitation du lieu, le but principal à atteindre. Tous les publics sont sollicités, populations locales et internationales, amateurs d'art, amateurs de patrimoine, initiés et néophytes en matière d'art d'aujourd'hui, publics scolaires, touristes etc.
Un centre d'art qui aurait pour vocation la sensibilisation des publics aux œuvres contemporaines serait la continuité de l'engagement initial. Il devient une structure évidement génératrice de partenariats entre les différents acteurs culturels, industriels et institutionnels. L'envergure européenne des actions à mener est entreprise dès le premier engagement, pour un site de prestige qui a lui seul, suffit à attirer l'attention de tous.
Les activités d'expositions, de représentations, de productions d'œuvres et de résidences d'artistes installent une base sur laquelle peuvent s'articuler les exigences multidisciplinaires qu'impose le site, de par son architectonie et son emplacement géographique.
Un développement large des interactions avec des secteurs d'activités artistiques différents est nécessaire pour créer des événements diversifiés et susciter l'intérêt de publics d'horizons divers.
Penser le projet dans une politique de démocratisation culturelle permet d'envisager de multiples champs de l'art : les Arts plastiques, la Danse, la Musique, la Poésie, la Littérature, l'Architecture, le Théâtre, le Cinéma contemporains, autant de facteurs privilégiant l'accès à la culture dans toute sa diversité.
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